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Mai 06

Pourquoi cette relation amour-haine avec les .com du monde ?

Parce que tout part à l’étranger évidemment ! C’est la réponse qui vient immédiatement à l’esprit, mais qui néglige cependant un aspect important. Remontons quelque peu le temps.

Il y a une dizaine d’années, lorsque vous faisiez une recherche de boutiques en ligne sur Google, vous tombiez d’abord sur des sites présentant une extension .fr ou .nl. Était-ce alors la faute d’Internet si nous n’étions pas visibles ? Était-ce à cause de Google qu’aucune adresse .be n’était mise en avant ? Ou bien peut-être était-ce simplement que nous ne comprenions pas directement le potentiel du commerce électronique comme canal de vente « normal » ?

Dix ans plus tard, nous ne pouvons plus faire la même erreur et rater le coche. En ces temps particulièrement difficiles, nous ne pouvons que saluer les initiatives qui favorisent les commerçants locaux. Celles-ci stimulent les habitudes d’achat local des consommateurs, ce que nous encourageons également en tant qu’association belge. Mais cela n’enlève rien au caractère international de l’activité commerciale.

Ne nous méprenons donc pas au sujet de la stimulation du commerce local. En Europe, la Belgique se classe 6e de la liste des pays exportateurs. Notre pays occupe même le 11e rang mondial. Ce positionnement devrait également valoir pour le commerce en ligne, car l’e-commerce est aujourd’hui un fait international, global, dont les places de marché tirent pleinement parti. Que cela nous plaise ou non.

Comme souvent, c’est l’esprit d’entreprise qui compte. En tant que commerçant, vous devez garder un œil sur les opportunités, notamment à l’exportation. Certes, il n’est pas question d’entrer en concurrence avec les places de marché. Et oublions un instant le grand rêve d’une place de marché belge, pour davantage « belgiciser » les places de marché existantes. Telle est l’urgence.

La situation actuelle a ouvert les yeux de nombreux entrepreneurs. Disposer d’une vitrine en ligne est devenu un service que les clients considèrent désormais comme acquis. Tout en développant et en assurant la promotion numérique de votre boutique en ligne, c’est aussi le moment idéal d’utiliser les places de marché comme vitrine. Vous serez ainsi prêt pour l’après-coronavirus. En effet, le comportement des consommateurs en ligne ne va pas changer. C’est ce qu’indiquent en tout cas clairement les chiffres de bol.com : ces dernières semaines, la part des visiteurs belges sur bol.com a grimpé de 20/25 % à 30 %.

Pourquoi dès lors ne pas utiliser intelligemment les opportunités offertes par une place de marché ?  De cette façon, nous pourrons également réparer l’asymétrie actuelle. La perception d’un achat à l’étranger sur une place de marché n’est pas toujours la faute de celle-ci. C’est aussi notre responsabilité de commerçants de démontrer l’inverse.

Pourquoi donc n’y a-t-il que 3.000 boutiques en ligne belges actives sur la plateforme de bol.com, contre 24.000 boutiques néerlandaises ? Est-ce notre erreur de considérer bol.com uniquement comme un concurrent, sans en voir le potentiel ? Adoptons un autre point de vue et voyons les places de marché comme un moyen de vendre rapidement avec des possibilités d’exportation. Après tout, ces 3.000 boutiques en ligne ramènent également des acheteurs néerlandais en Belgique !

Par ailleurs, chaque commerçant en ligne peut s’organiser localement sur une place de marché pour contribuer à l’économie belge. Optez, par exemple, pour une logistique qui vous est propre ou qui fait appel à des partenaires belges. Choisissez des livreurs de colis qui sont employés en Belgique. Bien sûr, votre commission partira à l’étranger. Mais le reste de votre chiffre d’affaires demeurera en Belgique. Pensez-y.

La concurrence règne entre les places de marché. Celles-ci bataillent pour attirer les commerçants sur leur plateforme. La plupart d’entre elles comprennent également que leurs algorithmes ne doivent pas favoriser leur propre gamme de produits, car leur business-model dépend, pour plus de la moitié, des commerçants externes. Et ceux-ci méritent leur confiance. Leurs algorithmes sont-ils sans défaut ? Probablement pas. Mais continuer la partie de référencement sur Google, après dix ans, n’est pas non plus une solution. Alors jouez le jeu. Apprenez, tentez et exportez. Vous n’avez rien à y perdre !

 


Article d’opinion par Greet Dekocker, Managing Director SafeShops.be